Le plan d’urbanisme d’André Lurçat – 1954

1 Fi 74 - Projet d'aménagement de la Ville de Saint-Denis. Echelle 1/2000. Plan papier. 74 x 102. 1954.

Planche n°1 au tableau d'assemblage. Le Barrage.

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André Lurçat a été l’architecte-conseil et l’urbaniste de Saint-Denis de 1945 jusqu’à 1970, l’année de sa mort. C’est lui qui a pensé et dirigé la révision du plan d’aménagement de Saint-Denis, décidée par décret gouvernemental en décembre 1945.

Ce focus présente la version de ce plan d’aménagement, tel qu’il a été revu en 1954. Ce document d’urbanisme se présente en neuf planches sans plan d’assemblage. La légende des reports colorés figure sur la planche N° 4 (cote 1 Fi 77).

Saint-Denis, en 1944, au sortir de la guerre, est une ville ouvrière profondément marquée dans son paysage par l’industrialisation rapide et chaotique du XIXe siècle et les logements de mauvaise qualité, peu entretenus, qui l’ont accompagnée. La ville, de plus, a été bombardée. L’insalubrité et le mal logement accompagnent le quotidien des habitants.

André Lurçat, pour établir le nouveau plan d’urbanisme de Saint-Denis, visite les différents quartiers de la ville. Il parle avec les gens. Le plan qu’il dessine ouvre les perspectives d’un véritable programme d’urgence. Le logement social, vu en grand, pensé comme un droit, prend toute sa place dans ce plan : larges emprises, notamment au Nord et au Nord-Est.

Rien ne sera facile : pour construire, il faut disposer des terrains. La ville de Saint-Denis entame alors, sans relâche, avec les moyens juridiques de l’époque, une politique foncière de grande envergure. L’achat du sol prend du temps et se révèle parfois impossible.

André Lurçat construit, contraint et forcé, au rythme des acquisitions foncières réalisées. Il doit s’adapter. Son architecture se verra souvent cloisonnée, loin des grands quartiers imaginés, sur des parcelles compliquées calées entre usines, petits immeubles de rapport, voies ferrées, hangars ou parcelles maraichères.

Pourtant, plus de 4000 logements publics seront construits en trente ans. A l’époque, on disait « HLM » : habitation à loyer modéré.

Focus publié le 8 février 2011 dans le cadre du quarantième anniversaire de la mort d’André Lurçat.