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#3

Le centenaire de la Guerre de 14-18 (2)

Les Archives municipales poursuivent leur travail sur la Grande Guerre. Le Guide des sources de la Première Guerre mondiale à Saint-Denis est désormais disponible en ligne. Il rassemble les archives communales, les archives privées souvent reçues en don, les archives écrites, iconographiques, audiovisuelles… Voici quelques nouvelles pistes d’exploitation.

 

Les affiches de réquisition

En 1914, l’un des premiers moyens d’information et de communication, c’est l’affiche. Elle peut être tirée à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires et lue par tous. C’est donc par voie d’affichage que, dès le premier jour de la guerre, on réquisitionne la population… mais pas seulement, comme le montrent les affiches disponibles ICI.
Et pour en savoir plus sur ce support d’information, consultez ICI le billet qui lui est consacré.

 

Les images de poilus mis en scène

La guerre de 14-18 correspond à l’âge d’or de la carte photographique et de la carte postale. Les images qui témoignent du temps de la guerre sont innombrables. Mais que montrent-elles et montrent-elles tout ? 

> Les cartes photographiques
Les cartes photographiques sont des tirages photographiques sur du papier à développement au gélatinobromure d’argent. C’est un procédé qui permet notamment aux particuliers de produire leurs propres cartes postales. Durant la guerre, les soldats aiment ainsi poser en uniforme, seul ou en groupe, comme le capitaine du 1er régiment de marche de zouaves Jules Willame dont vous pouvez voir les cartes photographiques ICI.
Et pour mieux comprendre ces images, apprenez à « décrypter » les uniformes que portent les soldats ICI, ICI et ICI.

> Les cartes postales
Au début des années 1910, on produit plus de huit cent millions de cartes postales par an en France. Pas chères, faciles à envoyer, c’est un moyen privilégié de correspondance pendant toute la guerre. Et pour la censure, qui contrôle les images représentées, c’est un excellent support de propagande. Beaucoup représentent donc des photomontages de poilus mis en scènes de manière patriotique et/ou sentimentale.
C’est le cas de près d’un tiers des cent vingt-sept cartes postales envoyées à Fernande dans sa ferme de Seine-et-Marne, entre 1914 et 1919. Vous pouvez les consulter ICI

 

Retracer le parcours d’un poilu

De nombreuses sources sont aujourd’hui disponibles pour reconstituer la campagne d’un soldat ou retrouver un poilu disparu pendant la Première Guerre mondiale. En voici quelques-unes :
La base de données des poilus dionysiens morts ou disparus entre 1914 et 1918.
Les registres de recensement militaire des classes 1886 à 1916, disponibles en ligne, et des classes 1917 à 1919 (conservés sous les cotes H 40 à H 42), consultables en salle de lecture des Archives municipales de Saint-Denis.
Et pour découvrir d’autres pistes, explorez la boîte à outils du blog « Saint-Denis et la guerre de 14 ».

 

Vivre la guerre : récits et souvenirs de soldats

> Témoignages écrits
Dès le début de la Première Guerre mondiale, les soldats ont le souci de raconter ce qu’ils vivent. L’écrivain Henri Barbusse découvre par exemple le front en 1915 et le raconte dans son roman Le Feu à partir d’août 1916. En 1929, Jean Norton Cru recense ainsi dans son ouvrage Témoins plus de trois cents textes de combattants publiés, dont celui de Frédéric Duval, archiviste et bibliothécaire de Saint-Denis tué dans la Somme en 1916, et Avec les zouaves. De Saint-Denis à la Somme, du sergent fourrier Louis Botti. Mais de nombreux témoignages n’ont jamais été publiés. Tous offrent pourtant un point de vue singulier sur la guerre et ses réalités. Aux Archives municipales de Saint-Denis, vous pouvez ainsi découvrir :
Les carnets de l’ambitieux officier-interprète Claude Pupier.
Les carnets de guerre du soldat dionysien René Louis Abel Tissot, conservés sous les cotes 82 S 1 à 82 S 52, et consultables dans la salle de lecture des Archives municipales.

> Témoignages oraux
Plusieurs décennies après la fin de la Première Guerre mondiale, archivistes et historiens ont sollicité les témoins de l’époque, soldats ou simples civils. Certains ont accepté de raconter comment ils ont vécu cette terrible période. À Saint-Denis, durant les années 1980, des entretiens avec quelques poilus dionysiens ont ainsi pu être enregistrés. Vous pouvez écouter quelques extraits des récits de ces témoins, numérisés et mis en ligne sur le blog des Archives municipales :
 Charles Bitsch, soigné dans un hôpital de Saint-Denis en 1916.
 Georges Dehuysser, mobilisé dans une usine dionysienne.
 Charles Poulbot, soldat dionysien qui a préféré combattre sur le front plutôt qu’à l’arrière.

 

La commémoration de la guerre jusqu’à la Seconde Guerre mondiale

Depuis le début de la Première Guerre mondiale, la ville de Saint-Denis et ses habitants ont tout mis en œuvre pour rendre hommage aux Dionysiens morts pour la France… sauf sous l’Occupation, où commémorer la Grande Guerre est devenu illégal. Les Archives municipales conservent de nombreuses traces de ces événements :
Un dossier sur un projet de construction de monument aux morts datant de 1922, conservé sous la cote 1 M 97, à consulter en salle de lecture.
Des affiches annonçant les cérémonies commémoratives organisées entre 1914 et 1940.
L’affiche de 1941 informant la population de l’interdiction des manifestations et des rassemblements le 11 novembre.

 

Sources complémentaires

Les dossiers documentaires du site internet du musée de la Grande Guerre : http://edu.museedelagrandeguerre.eu/theme/166.
« 1918, la Grande Guerre s’achève… », dossier consultable sur le site internet de La documentation française : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/d000051-1918-la-grande-guerre-s-acheve.