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Hôtels meublés et garnis à Saint-Denis

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Hôtels meublés et garnis à Saint-Denis

Logement populaire et pauvreté

Georges Simenon, qui connaît bien les milieux populaires, décrit ainsi la chambre, en hôtel meublé, de Martine, son héroïne :

« A midi, elle prit le métro, rentra dans la petite chambre d’hôtel qu’elle occupait dans le quartier Saint-Paul. Sur la porte un écriteau annonçait :

"Il est défendu aux locataires de cuisiner dans les chambres ainsi que d’y laver du linge, sous peine d’expulsion immédiate".

Mais Martine n’en tira pas moins des profondeurs de l’unique armoire un minuscule réchaud à alcool ainsi qu’une serviette qui contenait du pain, du beurre et un petit morceau de viande acheté le matin. Elle s’assura que la porte et la fenêtre étaient bien fermées. Elle alluma le réchaud. Quelques minutes plus tard, elle mangeait, du bout des dents, sur un coin de table encombrée. »

Depuis le 19e siècle, les hôtels meublés, également appelés les « garnis », ont accompagné et permis le peuplement de Paris comme celui de Saint-Denis. Ils ont accueilli les ouvriers et les familles modestes, et plus particulièrement les migrants.

Trois grandes étapes jalonnent l’histoire des « garnis » à Saint-Denis : une multiplication constante des constructions d’hôtels meublés au 19e siècle pour accompagner l’industrialisation, une systématisation du logement en hôtel dans l’entre-deux-guerres pour tous les nouveaux arrivants, puis, après la Seconde Guerre mondiale, un mode d’habitat réservé aux populations immigrées et aux ménages les plus précaires.