Espace personnel  - 0 article dans mon classeur

Retour à l'accueil du site des Archives municipales de Saint-Denis


 
Lancer l'impression de la page
Aide
Fermer

La rubrique focus permet d’appréhender le document d’archives sous des angles différents : son sujet, sa forme, sa finalité, etc.
Pour s’y repérer et mieux naviguer :

  • le focus s’appuie toujours sur un ou plusieurs documents accessibles avec tous les outils de la visionneuse.
  • un pictogramme coloré signale l’angle d’approche de chaque focus.
  • les focus peuvent se trier par pictogramme.
  • Thème "Album"une typologie de documents à découvrir
  • Thème "Bâtiment"un édifice, remarquable ou ordinaire
  • Thème "Date"un anniversaire historique, un repère
  • Thème "Etude"une recherche, un document de synthèse, un travail universitaire
  • Thème "Film"un reportage, des souvenirs en images animées
  • Thème "Instantané"une photographie décryptée
  • Thème "Message"un courrier, une doléance, une parole singulière
  • Thème "Opinion"une prise de position, une revendication, un engagement
  • Thème "Portrait"une personne à garder en mémoire
  • Thème "Sens"un mot d’aujourd’hui avec son sens d’hier

 

focus

GG 153

cliquez sur l'image pour découvrir les documents

Album

Plan d'arpentage ancien

 

Le plan d’arpentage présenté dans ce focus a été commandé par l’abbaye de Saint-Denis. Il a été dessiné et peint entre la fin du 17e siècle et le début du 18e siècle. Il représente les limites des seigneuries situées au nord de la ville fortifiée de Saint-Denis : Saint-Léger et Pierrefitte d’abord, mais aussi Stains.

Nous sommes donc, sur ce plan, dans le périmètre de la banlieue d’aujourd’hui, au nord de Paris, il y a 300 ans.

Et nous sommes plus précisément juste là où se construit le nouveau centre des Archives nationales, au lieu-dit « Les Tartres », tout à côté de Saint-Denis.

 

Que dire sur ce plan ?

 

Il est beau.

C’est une œuvre qui prête à la rêverie et à l’exploration car c’est d’abord un plan de paysage de campagne qui figure beaucoup plus qu’il ne représente. La seule représentation planimétrique est celle du rempart nord de Saint-Denis. Ailleurs, nous sommes dans une miniature paysagère. Nous voyons, en élévation et en perspective, les maisons des villages, chacune parfaitement identifiable. Nous voyons des châteaux, des rues, des ruelles, des chemins, des moulins, des croix, des clochers, des ormes isolés, des arbres alignés, des bosquets, des ruines, des prés et des marais.

La science géométrique et trigonométrique de l’arpenteur géomètre, auteur du plan, est bien là, mais ce n’est pas elle qui l’emporte. Le détail des parcelles n’est pas identifié dans le détail. Il ne s’agit pas d’un plan terrier. C’est le terroir des seigneuries qui est dessiné, avec ses cours d’eau, ses fontaines, ses prés, ses routes et ses chemins.

L’arbre est valorisé. Il sert, pour le cartographe, de repère ou de limite. Mais il participe aussi de la vie de village. L’orme, par exemple, accompagne la vie de la communauté villageoise. On se réunit sous ses branches. On y partage l’information. Ce terroir est habité. Le plan veut aussi le signifier.

 

Ce plan officiel, commandé par l’abbaye, fait une grande place à la toponymie, c’est-à-dire aux noms de lieux-dits. Le plan allie ainsi l’image dessinée, issue d’un travail d’observation sur le terrain, et le texte manuscrit des toponymes soigneusement relevés.

Par là, l’abbaye marque son pouvoir. Elle contrôle les lieux nommés. Un plan n’est jamais neutre.

 

Que nous racontent les toponymes de ce plan ? Ils expriment un peu du ressenti et du vécu des hommes qui ont vécu là depuis « l’origine des temps » sans que nous sachions donner une borne à cette origine. Bien sûr, il y a les Gaulois et la langue latine qui sont passés par là.

« La Conche » vient du latin concha, coquille. C’est un creux dans un méandre. « La chaussée pavée de Pierrefitte » nous rappelle que les Romains utilisaient du mortier de chaux (chaussée) pour consolider leurs routes surtout en terrain marécageux. Le « Croult », affluent de la Seine, est sans doute à rattacher au gaulois crodios, qui signifie dur, mauvais, rude. Le « Croult » était autrefois un cours d’eau au débit impétueux dont il fallait se méfier.

Mais avant ? Car les Gaulois se sont forcément appuyés sur l’héritage linguistique de leurs prédécesseurs. Que faut-il ainsi penser du nom de la source et fontaine « Mordaingueine » tout près des « Tartres » ?

 

Pour finir, quelques détails matériels sur ce plan numérisé qui perd, sur l’écran d’ordinateur, tout son poids et beaucoup de sa matière.

Il a d’abord été dessiné et peint sur du papier chiffon. Il a ensuite été collé sur de la toile de chanvre à la trame très lâche. Bien plus tard, il a été contrecollé, lors d’une restauration, sur une toile serrée de coton blanc.

Il est longtemps resté cloué au mur comme une carte murale. Les traces de clous sont bien visibles.

Il a beaucoup perdu de ses couleurs d’origine. La triple rose des vents, qui marque le sud géographique en bas à gauche du plan, laisse apparaître la trace d’un bleu très vif.

Sur le plan, le liant des pigments de couleur est épais et granuleux.

 

En bas, à droite, dans un cartouche à damier surmonté d’un compas, l’arpenteur a sans doute signé son travail.

Mais son nom s’est partiellement effacé.

 

 

Focus publié le 25/04/2012.




Trier les focus et choisir un thème






* ces fonds seront disponibles prochainement.