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Frédéric Duval, archiviste et chrétien penseur du social – Début du 20e siècle


Frédéric Duval, archiviste paléographe, a été l’archiviste bibliothécaire de Saint-Denis de 1905 jusqu'à sa mobilisation pour la guerre, en août 1914.

A son arrivée à Saint-Denis, il succède à Fernand Bournon, parti quelques années plus tôt pour se consacrer à ses travaux personnels.

En apparence, tout oppose Frédéric Duval et son prédécesseur Fernand Bournon. Pourtant, l’un et l’autre sont des intellectuels personnellement engagés dans la vie de leur temps, et qui ont, chacun à leur manière, contribué à inscrire la banlieue de Paris dans l’histoire.

Fernand Bournon a, en particulier, conduit l’impressionnant projet éditorial du Conseil général de la Seine visant à doter chaque commune du Département d’un ouvrage de référence sur son identité communale, sociale et économique. Ces ouvrages, tous datés du début du 20e siècle, font autorité et dressent un portrait impressionnant de l’action publique locale dans les villes de la banlieue de Paris au début des années 1900.

Frédéric Duval, de son côté, agit en penseur du social. C’est un intellectuel chrétien engagé dans les quartiers ouvriers de la banlieue. Proche de « L’action populaire », il souhaite rapprocher l’Eglise du monde ouvrier. A ce titre, il intervient sur le terrain, notamment à Montrouge, en banlieue sud.

A Saint-Denis, son engagement chrétien semble l’isoler. La transcription et la publication des délibérations du Corps de ville de l’Ancien Régime se fait sans sa collaboration professionnelle. C’est à lui, pourtant, que l’on doit l’inventaire des archives anciennes et le classement exhaustif de toutes les archives du 19e siècle.

Les Archives nationales conservent des papiers d’élèves de l’Ecole nationale des Chartes. On y trouve, sous les cotes 639AP/1 à 639AP/6, la correspondance, les carnets de route et des « reliques » de Frédéric Duval. Les carnets de route sont des carnets en papier quadrillé où Frédéric Duval a noté au jour le jour ses impressions de guerre. On les a retrouvés, après sa mort à Deniécourt le 20 juillet 1916, dans ses poches et dans ses bagages. Ces écrits constituent aujourd’hui un témoignage de soldat précieux pour les historiens de la Grande Guerre. Ils ont été publiés en 1919 (Carnets de guerre d'un Sergent de Mitrailleurs. Août 1914 - Juillet 1916, Gabriel Beauchesne, 1919, 328 pp.).

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L’image représente l’écriture de Frédéric Duval. C’est un extrait d’inventaire manuscrit. En cliquant dessus, on peut consulter un ouvrage Jeunes gens de France sur la contribution de Frédéric Duval (BnF). Il y relate son action sociale de terrain à Montrouge. C’est un témoignage unique pour les historiens de la banlieue de Paris et du mouvement ouvrier.

Focus publié le 18 janvier 2013.