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Abbaye royale de Saint-Denis : un court-métrage de Sarah Maldoror (1977)

« En filmant, je cherche à quitter la vie quotidienne et à introduire le rêve. » C’est ce qu’explique la réalisatrice française Sarah Maldoror à Olivier Bardet lors d’un entretien en 1997. Née en 1929, la jeune femme choisit son nom d’artiste en hommage aux Chants de Maldoror de Lautréamont. Au début des années 1960, elle part étudier le cinéma à Moscou, avant de tourner ses premiers films en Afrique. « Caméra au poing, [elle] combat l’oppression, l’aliénation et défie la connerie humaine », écrit Aimé Césaire dans un poème qui lui est dédié. Revenue en France au début des années 1970, la réalisatrice ayant tourné plus de 40 films est décédée le 13 avril 2020.

En 1977, la cinéaste réalise un court-métrage intitulé Abbaye royale de Saint-Denis. Elle nous y offre un regard singulier sur la basilique, "une des plus belles églises du monde". Elle joue avec les lumières, n’hésite pas à filmer au plus près des sculptures devant lesquelles les gens passent souvent sans les regarder.

Le court-métrage souligne avec subtilité les différents aspects de l'édifice : cathédrale gothique, mais aussi nécropole « qui abrite les tombeaux des rois, de Dagobert à Louis XVI ». Le commentaire utilise des citations de Suger, élu abbé à Saint-Denis en 1122 et qui fut l’un des architectes de la basilique, comme des extraits de trois oraisons funèbres composées par Bossuet pour des membres de la famille royale.

Le film se termine sur ces mots inscrits par Suger sur une porte de la basilique : « L’esprit stupide s’élève à la vérité grâce à ce qui est matériel, et, en voyant cette lumière, ressuscite de son ancienne submersion. »